Echo

Journal de bord

Le making-of d'Echo : les décisions, les erreurs, ce qu'on enlève et pourquoi. Écrit au fil de l'eau, sans réécriture d'après-coup.

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Trouver la forme d'Echo

Trouver la forme d'Echo

12 juin 2026

Quand j'ai décidé qu'Echo aurait un corps, la première contrainte était très simple : l'argent. Je n'avais absolument aucun matériel de robotique, seulement mon imprimante 3D, et je savais que le prix pouvait exploser très vite. Il fallait donc construire quelque chose que je puisse réellement fabriquer seul, sans atelier spécialisé, tout en intégrant suffisamment de matériel pour que le robot puisse vivre de manière autonome. Un ordinateur embarqué, une batterie, des moteurs, des enceintes, des micros, de la vision, des capteurs de distance, du refroidissement, puis suffisamment de place pour pouvoir démonter, modifier et réparer tout ça. Les moteurs étaient déjà commandés lorsque j'ai commencé à chercher la forme.

Je ne voulais surtout pas faire un robot comme ceux que je voyais partout. Beaucoup de robots domestiques sont mignons mais presque immobiles ; ceux qui savent vraiment se déplacer deviennent vite industriels, agressifs ou inquiétants. Avec six pattes, le risque était encore pire : quelques segments trop fins et Echo devenait immédiatement une araignée. Je voulais l'inverse. Quelque chose qui puisse vivre dans un appartement comme un animal de compagnie, suffisamment présent pour qu'on ne lui marche pas dessus et suffisamment sérieux pour ne pas être pris pour un jouet. Un objet technologique, mais chaleureux. Un compagnon qu'on ait envie de regarder, de toucher et avec lequel on ait envie d'interagir.

Il fallait aussi qu'Echo puisse exister sans le cloud. Son cerveau principal devait être embarqué et continuer à fonctionner sans connexion, tout en gardant la possibilité d'utiliser Internet ou un modèle de langage distant lorsque c'était utile. Elle devait pouvoir voir, entendre, réagir, protéger son intégrité, avoir peur d'une situation, devenir curieuse d'une autre, ou simplement vivre comme un petit animal sans avoir besoin de discuter avec quelqu'un. Visuellement, ça m'a poussé vers quelque chose de sobre et très lisible : un corps noir, des formes simples, aucune agressivité dans les pattes et un grand écran frontal pour donner énormément d'importance aux yeux. Je cherchais davantage du côté du design produit que du robot de laboratoire.

Au départ je pensais que la forme serait rapide à trouver. C'est probablement l'une des erreurs qui m'a fait perdre le plus de temps : je savais faire de la 3D, mais je n'avais jamais dessiné un objet soumis à autant de contraintes mécaniques et électroniques. Il fallait en plus figer assez vite une silhouette générale pour pouvoir commencer à imprimer certaines parties pendant que je continuais à concevoir les autres. J'ai commencé par des formes très simples, puis j'ai utilisé plusieurs générateurs d'images comme outils de recherche. ChatGPT, Gemini, Midjourney, puis des allers-retours entre les trois. Pas pour leur demander de concevoir le robot à ma place, mais pour explorer rapidement des proportions, des volumes et des directions esthétiques que je pouvais ensuite reprendre ou éliminer.

Un soir, une image a fini par fonctionner. Pour la première fois, je ne voyais plus un prototype ou un assemblage de composants. Je voyais un petit animal robotique de la taille d'un chat, avec six grosses pattes, un corps compact, des yeux et une poignée. Quelque chose de suffisamment mignon pour qu'on oublie presque la mécanique, mais suffisamment sobre pour rester un objet destiné aux adultes. Cette image est devenue ma référence pendant toute la conception qui a suivi.

Le robot réel est aujourd'hui plus gros que ce que j'imaginais devant mes premiers rendus. C'est une des choses amusantes avec la 3D : on peut travailler des semaines sur un objet sans réellement ressentir son échelle avant d'avoir les premières pièces entre les mains. Mais l'intention de départ n'a pratiquement pas changé. Echo devait avoir la présence d'un animal domestique, contenir un vrai ordinateur et suffisamment de capteurs pour percevoir son environnement, tout en faisant oublier autant que possible la machine qui se trouve dessous.

La silhouette était trouvée. Il restait maintenant le détail auquel je n'avais absolument aucune expérience : dessiner une patte capable de porter tout ça.

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